Et l'esthétique alors?
Une idée très répandue au sujet des graphistes est que leur travail consisterait à faire de la décoration. S'il est vrai que leurs productions se distinguent, en général, par leurs qualités visuelles, ce n'est pas le but premier de leur travail. Si tel était le cas, on pourrait tout aussi bien les qualifier de
décorateurs ou de
stylistes.
Le travail du graphiste commence bien avant la vision finale que tout le monde peut en avoir. En général, il s'agit pour lui d'analyser les données dont il dispose pour ensuite les organiser selon les paramètres des moyens à sa disposition. Autrement dit, il commence par organiser (hiérarchiser) les divers arguments dont il doit faire part afin de les traduire en un message cohérent (texte, image, etc). Dans ce processus, il tient évidemment compte des spécificités du média utilisé, de ses possibilités techniques et de sa faculté à atteindre le public visé. Ce travail sur le fond, conditionne fortement la forme. Il s'agit là d'un travail de
design.
Le design?... voici ce qu'en dit
Wikipédia:
«Le design est une discipline visant à représenter concrètement, une pensée, un concept ou une intention en tenant compte éventuellement d'une ou des contraintes fonctionnelles, structurelles, esthétiques, didactiques, symboliques, techniques et productives. Ces représentations peuvent être tangibles ou virtuelles et s'inscrivent de préférence dans un contexte social, économique, culturel.»
C'est un peu long... mais à y penser, c'est vraiment çà... tout y est. Bon, je ne me dis pas cela chaque matin lorsque j'allume mon ordinateur ;-)
Par contre, je ne commence jamais un travail en imaginant tout de suite son apparence finale. Il y a tellement de critères qui conditionnent le résultat que ce serait vraiment mettre la charrue avant les boeufs. Les graphistes, ou les illustrateurs, ne sont pas des artistes. Leur rôle est de mettre en forme et en images un message qui leur est extérieur. Et cela, de la façon la plus intelligible possible. C'est pour cela que leurs clients les paient ;-)
Au final, ces diverses contraintes restreignent fortement les solutions possibles et débouchent souvent sur une esthétique d'évidence. Cela a beaucoup à voir avec
«La forme suit la fonction», l'énoncé célèbre qui présida à la naissance du
Bauhaus et dont l'influence sur le «
style typographique suisse» est indéniable. Les traces de cet art du dépouillement, de la lisibilité et de l'efficacité sont toujours visibles en Suisse.
Mais je dois vous avouer: il m'arrive quand même de faire de la décoration.
Par exemple ici.
Les interfaces graphiques
jouent un rôle essentiel sur nos écrans communicants. Sans elles, pas d'ordinateurs de bureau, de portables et autres tablettes faciles à utiliser. Pendant quelques années, avant la formidable diffusion d'internet, les CD-ROM multimédias et interactifs ont été un milieu fa ...
> Voir la suite
Typographie et mise en page
Dans ce travail, il était important de rendre le propos assimilable alors que la matière traitée est réputée difficile. La typographie d'apparence assez libre, trouve une rigueur dans sa manière d'accentuer le texte pour en faire ressortir les éléments forts. La typograph ...
> Voir la suite